• Je vous dis tout sur mon parcours, et plus encore.

    Il y a maintenant 11 mois, je m’inscrivais en formation de naturopathie à Lyon, la ville des lumières, celle où tous tes rêves sont réalisables, ou presque. 

    Durant ma dernière année en école infirmière, j’étais fatiguée. Mentalement, j’avais le moral dans les chaussettes, un avenir incertain, car je savais déjà que je ne serais jamais infirmière à vie. J’étais entrée dans cette formation pleine d’espoir ; l’espoir de découvrir un univers solidaire, généreux, presque magique où les patients sortaient de l’hôpital en plein santé et reconnaissant de l’accompagnement que le personnel leur aurait offert. 

    J’ai vite déchanté en commençant mes stages. Ma première année s’est bien passée, avec des équipes formidables durant mes stages. Des équipes à l’écoute, prêtes à partager leur savoir et nous considérant déjà comme un membre de la famille. Car oui, les équipes sont un peu comme des familles. On partage des moments ensemble tôt, avant l’aube, tard après que les enfants soient déjà allés se coucher. On partage nos anniversaires, nos repas de fêtes (noël à l’hôpital). Les liens se tissent très vite et chacun a une place bien définit : la mamie, la cousine, la sœur (où celle qui s’en rapprocherait le plus) et la maman. Parfois, un cousin ou un papy, mais ce monde est plutôt féminin. 

    Enfin bref. Durant ma deuxième année, ce fut une catastrophe. Je venais de changer d’école suite à du harcèlement. Je redécouvrais une nouvelle école, de nouveaux camarades, de nouveaux professeurs, une nouvelle façon d’apprendre. Ce fut dur et je regrette de ne pas mettre fait suivre par un professionnel à ce moment là mais j’y suis arrivée.

    Me voilà en troisième et dernière année, j’ai des copines, des enseignants pour la plupart passionnants, mais il me reste se doute sur l’avenir. Je ne serais pas infirmière dans 10 ans. Voilà ce que je me répète.

    Lors de ma deuxième année, j’avais consulté une naturopathe – Myriam – qui accompagnait déjà ma maman. Je ne connaissais pas du tout ce métier, mais j’ai toujours été ouverte aux pratiques naturelles et holistiques (j’étais déjà suivi par un praticien de médecine chinoise et ma maman utilisait fréquemment des huiles essentielles à la maison).

    Le cabinet de Myriam se trouvait chez elle, c’était très accueillant, comme si nous étions finalement des invités. Au début de la séance, nous nous sommes installées face à face l’une de l’autre, moi sur le canapé, elle sur un fauteuil derrière la table basse. Puis, elle a commencé à me poser des questions, la raison de ma venue, mes activités, etc. …

    La séance se déroulait très bien, j’étais ravie de pouvoir m’exprimer et de me sentir comprise. Myriam me regardait d’une manière très douce, celle qui permet de se livrer du plus profond de soi.

    Au bout d’un certain temps, Myriam a pris en photo mon iris. C’est là que tout, ou presque a commencé. Je me demandais bien ce qu’elle allait faire de cela, pourquoi photographier mon œil ?

    Puis elle m’a montré l’image et à alors commencé à m’expliquer ce qu’elle y voyait.

    Dans cet iris, elle voyait des choses lointaines, des évènements qui se sont déroulés bien avant ma naissance. D’autres après, mais qui étaient toutes aussi difficiles à entendre ou plutôt à comprendre venant de la bouche de cette inconnue.

    J’avais l’impression qu’elle lisait dans mon âme et c’était, impressionnant. Ce qu’elle disait était vrai et plutôt détaillé.

    Ce fut la toute première fois, du plus loin que je me souvienne, que j’ai commencé à me questionner sur ma vie, sur mon existence, mon chemin de vie. Bien sûr, à l’époque, je n’employais pas ces mots-là. Aujourd’hui, je suis fière de me rendre compte qu’à seulement 19 ans, je commençais déjà à penser à la philosophie de ma vie. Mais à cette période, je ne voyais qu’un fausser se former entre ma génération et moi.

    En effet, cela fait longtemps que je ne me sens pas « à ma place ». Petite, mes copines étaient en réalité les copines de ma jumelle. Je me « cachais » derrière elle lorsque nous rencontrions de nouvelles personnes, et cela, à durer jusqu’à mes 18 ans. Encore aujourd’hui, je suis la personne qui se terre dans un angle lorsqu’elle est en compagnie de personnes inconnues (oui, oui, la fille que vous avez vue se coller au fond du canapé sans un mot, c’est bien moi).

    J’ai toujours besoin d’analyser les gens avant d’entamer une quelconque relation, j’ai besoin d’observer. Il parait que c’est mon côté ascendant vierge.

    Enfin, je m’éloigne du sujet.

    Revenons donc à ma dernière année infirmière. Je cherchais ma voie, la vrai, mais cela me perturbait à un point tel que pour la première fois de ma vie, j’avais des difficultés d’endormissement. Habituellement, je m’endormais tôt (22H30 max) et dormais comme un bébé toute la nuit. A cela c’est ajouté une prise de poids – 8kg en 2-3 mois – sans changement d’alimentation. J’ai réalisé des tests pour la thyroïde, mais rien, j’ai consulté une diététicienne, toujours rien.  

    Alors, je me suis tourné vers le yoga dans le but de gérer mon stress et mon anxiété. Puis, j’ai vite réalisé que toute cette angoisse, cette boule au ventre le matin, ces ruminements au coucher, cette prise de poids, tout cela était dû à une et une seule chose : ma formation infirmière.

    Vous vous souvenez de l’idée que j’avais du métier ? Et bien elle n’est pas tout à fait fausse, mais elle est cependant loin de la réalité. Les équipes ne sont pas toutes accueillantes ni envers les stagiaires, ni envers les nouveaux professionnels, ni envers les patients. Le manque de moyens à l’hôpital rend certaines prises en charges désastreuses. Le manque de considération ? N’en parlons pas. Malgré de bons retours en stage, de bonnes notes et un plaisir certain lorsque j’étais auprès des patients, je ne me sentais pas au bon endroit.

    Je me suis alors plongée dans le yoga comme une sirène se plongerait dans l’océan. Je faisais des cours 4 à 5 fois par semaine avant ou après mes cours / stages et le week-end. C’était une manière de me recentrer ou parfois, de me voiler la face sur la réalité ; je l’avoue.

    Après 6 mois de yoga, je décide de m’inscrire en formation YTT dans un studio de Lyon. Mon nouveau lobby ? Ouvrir un studio de yoga qui propose du thé et des livres. Ainsi, toutes mes passions seraient regroupées. Vous vous doutez bien que cela n’a ni queue ni tête. Qu’est-ce qu’un salon de thé ferai au milieu d’un studio de yoga et une bibliothèque, alors ça !

    Tout de même, j’ai avancé dans cette idée avec des visières et à Noël j’ai été diplômée professeure de yoga vinyasa.

    A côté de cela, je me suis inscrite en formation de naturopathie avant d’être diplômée infirmière. J’ai bien sûr fini mes études et commencé à travailler en pédiatrie dès le mois de juillet.

    Ma formation en naturopathie a débuté en octobre 2019, et aujourd’hui, je peux vous confirmer que j’ai trouvé ma voie.

    Cependant, toutes ces nouvelles passions n’ont pas été de tout repos. Je suis sortie de ma formation de yoga plus mal que je n’y étais entrée. Comme toujours, je n’avais pu m’empêcher de m’auto-saboter en me comparant aux autres et cela n’a fait que ruiner mon moral. La fille qui faisait 4 à 5 cours de yoga par semaine à fini par en faire 0 durant 4 mois après sa formation …

    Je ne me sentais pas légitime de proposer des cours ni à ma famille, ni à quiconque. Et ce manque de confiance m’a totalement freiné dans ma pratique personnelle.

    Au cours de cette formation de yoga, j’avais donc commencé mes cours de naturopathie et cela n’avait fait que m’épuiser. Je cumulais :

    35H de travail à l’hôpital (en heures décalées)

    + ma formation de naturopathie 1 week-end par mois et les révisions qu’elle demande

    + ma formation de yoga tous les week-ends pendant 3 mois (6H de pratique physique par jour de formation).

    Aujourd’hui, j’ai pris du recul sur tout cela. J’ai enfin passé le cap pour me faire accompagner, car mes projets sont très flous. J’aimerais allier la naturopathie et le yoga. Je me fais donc accompagner par une naturopathe et coach de vie qui est merveilleuse. C’était une source d’inspiration pour moi via les réseaux sociaux bien avant qu’elle ne me suive.

    Mon travail à l’hôpital me plaît. J’ai trouvé une sorte de seconde famille dans l’équipe. Je ne me lève donc plus avec la boule au ventre et ne me couche plus torturée par mes pensées. Mon service me correspond tout à fait : psychopathologie du développement. J’accompagne ainsi des enfants et des adolescents mal dans leur peau, incompris et pour la plupart peu accompagnés chez eux.

    Dans mon quotidien, j’ai inclus l’écriture et la méditation, ce qui ferait presque des miracles sur mon moral. Je le conseille d’ailleurs régulièrement aux adolescents que je rencontre au travail.

    Le plus gros changement, qui reste cependant à travailler, c’est de vivre au présent. Si vous ne l’aviez pas compris en lisant ces lignes, je suis rongée de l’intérieur par mes projets, j’en ai plein la tête, je suis impatiente – lorsque j’ai une idée, il faut qu’elle se réalise au plus vite, même si celle-ci n’est pas complètement réfléchie. Mais finalement, j’ai compris que si nous voulions de la qualité dans ce que nous entreprenons, il faut se laisser le temps. Le temps de réfléchir, d’assimiler et de vivre l’instant.

    1 Commentaire

    1. CORINNE LACROIX
      21 mai 2020 / 23 h 29 min

      Belle conclusion « Se laisser du temps » 🙂

      Carpe Diem comme se le répète Viola !

      Je t’embrasse chaleureusement

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